Kimberly Ecrit

humeurs, histoires, et autres bla bla - c'est déjà ça

Slow parenting : au rythme de bébé

Des mots sur le temps, encore lui. Il ne défile pas à toute vitesse, il s’écoule tout simplement, et c’est cette impossibilité à le figer qui rend son appréciation urgente. À la manière de mon petit garçon qui tente d’attraper les gouttes d’eau qui s’écoulent de ses jouets de bain, je tente de saisir un maximum d’instants précieux et inestimables.

Et entre deux moments de béatitude et d’émerveillement, de sa part comme de la mienne, les cookies sur internet, newsletters et autres profils instagram m’exposent sans requête ce à quoi devrait ressembler mon intérieur (salon immaculé, lisez sans jouets qui traînent ou alors avec la touche Montessori), mon physique (sans bourrelets, sans cerne et sans jogging à moins que ce soit un Balanciaga) et ce que mon enfant est censé faire à son âge (« quoi il ne marche pas? Il ne serait pas en retard? Faut peut-être consulter hein »).

Le piège de la comparaison

En retard sur quoi, sur qui, pour aller où? J’ai un scoop: les gens peuvent être chiants. Avez-vous remarqué que l’idée de temps à gagner, à rentabiliser va souvent de pair avec la compétitivité? « C’est marrant ça, mon bébé est plus jeune et pourtant il tient déjà debout’ – « ah, elle en est encore à dire baba et dada seulement…c’est mignon ».

Et au bord de mes lèvres une réplique sur laquelle je mords: « tu sais ce qui est aussi marrant? C’est que moi aussi je suis plutôt douée en remarques passives-agressives. Quand je t’aurai atomisé tu me diras si tu trouves ça mignon. Bisou. » Et gnagnagna.

Ce n’est pas toujours évident de faire l’impasse sur le flot de remarques auquel des (jeunes) parents ont droit. Entre sarcasme et sincère inquiétude, je me suis retrouvé malgré moi embarqué dans le jeu malsain de la comparaison. Il y a des choses qu’il fait et d’autres pas, est-ce normal (je hais ce mot et pourtant je l’ai utilisé, honte à moi), dois-je en parler à un médecin, en fais-je trop ou pas assez? Et puis stop (non en réalité j’ai dit et puis merde). Mon bébé n’a pour l’heure pas à s’adapter au rythme effréné de nos quotidiens surmenés par choix ou par dépit. C’est à moi de suivre son rythme et il semblerait qu’il ait décidé de prendre son temps.

Il prend son temps et on le suit

Alors à nous le slow parenting, la parentalité lente. L’ idée principale consiste à ne pas surcharger les journées de ses enfants en les trimballant après l’école et les week-ends en cours de chinois (parce que le mandarin est le futur), au violon (parce que c’est classe), au foot (parce que…pourquoi au fond?), sans oublier la peinture et la cuisine. Ok mais avec un bébé?

Ce qui suit est non exhaustif et correspond aux choix que nous avons fait. Il n’est nullement question de critiquer les parents qui en ont décidé autrement. Je laisse ce plaisir à ceux qui aiment utiliser leur temps à ça.

  • commencer/finir la journée plus tard/tôt au bureau, voire prendre une journée de congé et la passer avec bébé;
  • se réserver au moins un week-end juste à trois, sans visite et s’accorder le plaisir de rester à la maison ou de sortir si l’envie nous prend;
  • limiter les stimuli à l’approche de l’heure du repas avant le coucher: lumière tamisée, musique et quelques câlins (non non, ce n’est pas un vieux plan drague);
  • penser nos vacances différemment: pas de trajet trop long ou alors ponctué d’autant de pauses que nécessaire, privilégier les moyens de transports plus écologiques et être intransigeant sur la nécessité d’avoir un logement doté d’une pièce isolée du séjour pour lui;
  • ne pas publier de photo de lui à visage découvert: apprendre à gérer et plus encore à protéger son image prend du temps;
  • compte tenu de sa personnalité déjà bien affirmée, limiter les temps de visite/déplacements à maximum deux/trois heures pour l’instant. Autant il est souriant et aime voir des gens, autant il manifeste très clairement quand il en a marre;

À l’heure de taper ces mots, il est sur le point de fêter son premier anniversaire. Pas question pour nous de faire l’impasse dessus mais simplement de le fêter entre nous, à trois, car c’est aussi notre première année en tant que famille que nous célébrons. D’ici quelques années il sera plus à même d’apprécier les fêtes en grand comité et cotillons.

  • le laisser se déplacer librement à son rythme (c’est le roi du roulé-boulé);
  • ne pas le mêler à la foule d’un centre-ville, des magasins ou des transports en commun. On privilégie les déplacements à pieds et les découvertes qui s’offrent à nous le long de la promenade, les heures creuses pour les transports si nécessaire ou encore les petits marchés, petits cafés et guinguettes;
  • instaurer une routine du repas mais prendre tout le temps qu’il faut pour le lui donner. Parfois il dégomme son repas d’une traite, parfois il rêve et touche à tout puis semble de nouveau intéressé par son plat, il plonge les mains dans l’assiette ou mange seul à la cuillère sans aide…ou ne veut rien savoir et réclame du lait;
  • le laisser toucher à énormément de choses si c’est sans danger – à mi-chemin entre ce qui en représente un ou non selon nous et le bon sens, évidemment;

C’est curieux comme l’arrivée d’un enfant peut vous transformer. J’avais constamment un agenda rempli et la tête prise par de nombreux projets. C’est grisant de se dire qu’on est occupé, qu’on n’a pas le temps (décidément) ça nous donne de la consistance. Mais c’est du vent. Je vous parlerai prochainement de ces excuses à deux balles telles que « j’peux pas j’ai pas l’temps ». Mais chaque chose en son temps.

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