Kimberly Ecrit

humeurs, histoires, et autres bla bla - c'est déjà ça

Sainte Confusion

Voilà un moment que j’avais envie d’écrire sur les croyances et les pratiques religieuses/spirituelles/philosophiques mais le fait est que je n’ai pas cessé de repousser cette idée et de procrastiner. Ce n’est pourtant pas l’envie ni le temps qui me font défaut mais plutôt l’impression de ne pas avoir de légitimité pour en parler et de n’avoir au final que des questions sans ébauche de réponse.

Mais en cette période (appropriée ?) des fêtes de fin d’année je décide de me lancer.
Quand on y pense bien, la croyance n’a pas besoin d’être religieuse. On peut croire au Père Noël, au tarot, au vendredi 13. On peut croire (en) un ami à défaut de ne pas toujours croire en soi, en l’avenir, aux matins meilleurs.

Lors d’un de ces matins emplis de douceur j’en suis arrivé à me questionner sur le lien entre croyance et pratique. J’entends souvent des gens parler d’eux-mêmes comme croyants mais non pratiquants…mais peut-on vraiment les séparer l’un de l’autre ? Pour le dire autrement je me demande si l’un n’engendre pas l’autre. Si je prends mon cas personnel, est-ce que c’est parce que j’adhère intrinsèquement aux valeurs du Vovinam Viet Vo Dao que je le pratique ou bien est-ce ma pratique qui m’a fait adhéré en ses valeurs ? Dans cet exemple j’identifie dès lors – sans pour autant être en mesure de les analyser – trois éléments : pratique, croyance et ma propre personnalité.

Parlant des Droits de l’Homme, Baudelaire aurait dit que deux ont été oubliés l’un d’eux étant celui de se contredire (l’autre le droit de s’en aller), et lorsqu’il s’agit de pratique et de croyance tout en moi n’est que contradiction, ou comme j’aime le dire, mélange des genres. À ma propre personnalité semble s’être mêlée d’un côté la tradition religieuse de ma famille dont je me suis peu à peu éloignée (de la tradition, pas de la famille) et de l’autre une série de gestes comme autant de tentatives, souvent risibles mais néanmoins importantes, de répondre au maintien d’un certain contrôle lorsque celui sur bien des situations m’échappe totalement. Des routines aux accents de rituels portant la trace d’un symbolisme ancré, que je le veuille ou non, à la frontière de mon ADN.

Es-tu croyant.e/pratiquant.e sont des questions tellement difficiles à poser et à penser, plus qu’à répondre car comment née une croyance, qu’est-ce qu’une pratique et où est-ce qu’on se situe avec son bagage émotionnel, son histoire familiale et son vécu ? Des questions donc et aucune réponse. Or, et c’est là toute l’ironie de la chose, nous sommes nombreux.ses à nous réfugier dans des croyances (à moins que ce soient des pratiques) pour tenter de trouver des réponses à nos questions.

Croyance religieuse ou philosophique, superstition ou TOC…avec les années cette contradiction s’est pour moi muée en confusion. Je n’ai aucune réponse et je remets tant de certitudes en question. Si je le pouvais je demanderai à Baudelaire son avis sur le droit à la confusion.

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