Kimberly Ecrit

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Rencontre : Marcel & Fifi

Zéro déchet, récupération ou encore circuit court ont le vent en poupe. Et les bonnes affaires textile en seconde main également. Depuis quelques mois Céline et Aurélie, le duo derrière « Marcel & Fifi », proposent via leur boutique en ligne de donner plusieurs vies aux vêtements pour enfants utilisés si peu de temps. J’avais envie d’en savoir davantage sur elles et c’est sur une terrasse ensoleillée que nous avons parlé vie de famille, entreprenariat et bonnes adresses. Rencontre.

Pendant longtemps j’ai eu recours à la seconde main pour des livres, des meubles mais pas pour des vêtements ou très rarement. Il faut dire que la seconde main était souvent vue comme un « truc de pauvre ». Désormais c’est presque « tendance ». Qu’est-ce que cela vous évoque ?

Céline : avant j’achetais plutôt dans les grandes chaînes mainstream et il y a un an et demi, deux ans je me suis tourné vers le seconde main pour adulte. J’achète moins aussi, je trouve que le principe du une pièce rentre – une pièce sort fonctionne assez bien. Quand on entend parler de l’impact environnemental de l’industrie du textile, des catastrophes en Asie, au Bangladesh je me dis que je ne peux pas continuer d’alimenter ça. D’ailleurs nos enfants comprennent aussi le projet, ils sont sensibilisés à la réutilisation, au recyclage. Quand je veux offrir un vêtement à mon fils il me dit « mais maman, faut l’acheter sur Marcel & Fifi ! »

Aurélie : c’est surtout la quantité qui pour moi était problématique, j’achetais des quantités de vêtements mais ça n’avait aucun sens. Avec Marcel & Fifi on savait qu’il fallait être cohérente. Je pense que beaucoup partagent ces valeurs mais qu’il faut aussi être vigilant car c’est aussi clairement une tendance récupérée par des grandes enseignes. Ça fait bien de s’afficher avec des valeurs.

Avez-vous été confrontées à des réticences par rapport à votre projet ?

Céline : des réticences, pas vraiment, oui des gens qui au départ nous prenaient un peu de haut ou nous dénigraient. Elles semblaient plus vouloir nous refiler leurs déchets. Mes parents étaient un peu inquiets au début, une boutique en ligne ça semblait très abstrait mais ça n’a pas duré et maintenant ils voient bien ce que je fais et ils me soutiennent.

Aurélie : aucune réticence de mon côté, je n’étais plus salariée depuis un moment même si je travaillais en freelance.

Ça c’est pour les personnes. Avez-vous en tête une situation à laquelle vous avez été confrontées et qui s’est mal passée, une erreur dont vous tirez une leçon ?

Aurélie : oui, par rapport au site internet. Donc en novembre c’est le lancement du site et en janvier on décide de se faire connaître. Alors on court à gauche et à droite, on a plein de contacts et on commence des ventes physiques. C’est très chouette et puis le comportement n’est pas le même pour un achat physique ou en ligne, on discute, on voit le produit. On en arrive à se demander si on ne devrait pas avoir un showroom et on planche là-dessus. Mais en fait à force de bosser sur ce projet là on en est arrivé à délaisser le site internet qui était le projet de base. On s’est recentré dessus et on a décidé de limiter les ventes physiques à un ou deux moments dans l’année mais la priorité c’est vraiment le site.

Céline : on déménage bientôt (ndlr : déménagement le 01 juillet) pour un local plus grand, plus lumineux. Les gens qui commandent un article et optent pour le retrait sur place le découvriront et ça fait aussi office de showroom en quelque sorte.

En parlant du site, êtes-vous aidé à un niveau ou un autre ?

Céline : on fait quasiment tout, récemment une amie nous a rejoint, elle nous aide pour les photos sur instagram. Elle aime bien prendre des photos et ça met en valeur nos articles.

Il faut être cash, être clair sur ses craintes, ses attentes, ses objectifs et s’y tenir

Je vois naître beaucoup de jeunes entrepreneurs (jeunes en âge mais surtout en expérience d’entreprenariat) et pas uniquement des mamans qui se lancent de l’aventure. Que leur conseilleriez-vous ?

Aurélie : en tant que maman on ne peut pas investir le même temps ni la même énergie qu’un entrepreneur de 20-25 ans sans enfant parce qu’on a la vie de famille et tout ce qui l’entoure donc il faut tenir compte de ça mais surtout il faut lâcher le reste pour s’investir complètement. Pendant un moment je travaillais encore comme freelance mais non ça ne va pas, si tu ne t’investis qu’à moitié tu n’auras jamais une vision complète de ce que tu peux réellement avoir.

Céline : tout lâcher ça peut faire peur, la peur financière, la peur de se planter est là mais bon moi j’avais déjà quitté mon travail avant de rencontrer Aurélie qui avait son projet. En fait le plus important c’est de dès le départ mettre les choses à plat. D’autant plus qu’il y a plus de questionnements maintenant qu’au départ. C’est une charte à établir avant de lancer son projet sérieusement, il faut être cash, être clair.e sur ses craintes, ses attentes, ses objectifs et s’y tenir.

Et pour vous faire plaisir mais pas en seconde main, quelle est votre adresse préférée ?

Céline : Wonderloop, c’est une chouette boutique rue de Flandres, éthique et made in Europe

Aurélie : j’hésite, c’est difficile de n’en donner qu’une alors je dirai Whitelab/Everybody agrees et Pipelette et Galopins non seulement pour les articles qu’on y trouve mais aussi pour l’humain. C’est vraiment une expérience client, un beau projet.

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