Kimberly Ecrit

humeurs, histoires, et autres bla bla - c'est déjà ça

Qui fait non, non, non

« Tu dis bonjour ? Fais-lui un bisou. Allez, donne un bisou ».

Je fulmine intérieurement à chaque fois que j’entends un parent dire ça à son enfant. Comment lui apprendre à respecter son corps et celui de l’autre si on lui somme d’embrasser quelqu’un alors qu’il n’en a pas envie ?

On a tous un proche qui n’ose pas dire non. Ô le pouvoir et la peur que ces trois lettres inspirent. Peur de ne plus être apprécié, d’être critiqué, incompris. Pouvoir de s’affirmer, établir ses limites.

Comme beaucoup j’ai mis du temps à oser dire non, empêché par mes seuls fantasmes au sujet des autres. « Ils » vont me rejeter, « ils » vont parler dans mon dos. J’ai passé (perdu) tellement de temps à me soucier de ce que ces autres pouvaient penser de moi que je ne me demandais pas ce que je voulais, moi.

Et quand finalement on parvient à dire non, seulement la moitié du chemin est parcouru car encore faut-il que ce non soit entendu. Non, ça ne veut pas dire oui, ni peut-être. Ça veut dire non.

Parfois mon fils refuse de m’embrasser, et ça me va, je respecte ça. À d’autres moments il vient embrasser ma joue de lui-même, une première fois puis une seconde et semble ne plus vouloir s’arrêter.

Ça doit être ça le plus doux des baisers, celui qu’on offre et qu’on reçoit de sa propre volonté.

4 commentaires

  • Gwen M

    Oser dire non, je crois que d’une certaine manière, c’est fixer ses limites sur les comportements qui nous sont propres ou sur ceux qui nous touchent.
    J’ai parfois cette sensation qu’il est difficile de fixer une limite: cela fait peur, et puis ça nécessite le courage de donner voix à sa propre vérité (contre cette peur de déplaire aux autres)… mais aussi de réagir en conséquence si elle est franchie (être cohérente et la respecter. Toujours, pour
    renforcer « notre alignement » avec nous mêmes). Tolérer un comportement intolérable c’est détricoter le lien de confiance qu’on a avec soi.

    • KimberlyEcrit

      Exactement. Je pense qu’on est aussi qu’on en partie à l’origine de la façon dont les gens nous traitent, je dis bien en partie. Se laisser marcher sur les pieds, se laisser faire, c’est quelque part délivrer le message selon lequel « ça ne nous dérange pas » et que donc cela peut se répéter sans porter à conséquence. Et puis il y a ceux qui se fichent complètement du non, du ressenti de l’autre et ça c’est intolérable

  • La parenthèse psy

    J’avoue que ce genre de comportement m’exaspère et quand je l’entends, je rassure le bout d’choux en lui disant qu’il n’est pas obligé et qu’on peut se taper dans les mains. Faire un bisou, c’est intime, c’est pas rien…

    Line de https://la-parenthese-psy.com/

    • KimberlyEcrit

      Tout à fait, on est dans le rapport à l’autre, le contact physique. Il y a bien des façons d’exprimer sa politesse, de se saluer (culturellement c’est très varié)

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