Kimberly Ecrit

humeurs, histoires, et autres bla bla - c'est déjà ça

Moi, Mon Fils et La Peur

On entend souvent parler de la culpabilité des mères (et non des pères, soyons honnêtes). En ce qui me concerne je ne me suis jamais sentie coupable et je n’ai jamais laissé qui que ce soit projeter ses propres frustrations sur moi. Je ne me suis pas sentie coupable de continuer le sport durant ma grossesse, je ne me suis pas sentie coupable de retourner travailler, ni d’avoir mis mon enfant en crèche à huit mois (« quoi, mais enfin c’est la période de l’angoisse de séparation ! ».
La culpabilité, jamais. La peur en revanche. 

Elle a immédiatement succédé à l’immense bonheur de l’écoute des premiers battements de cœur pour ne plus jamais me quitter. Je me réveille avec des peurs que je n’avais pas et je m’endors pas plus rassurée que ça. A-t-il chaud, froid, faim, est-ce que c’est normal ça, c’est quoi ce bruit, est-ce qu’il respire, j’en fais trop ou peut-être pas assez…il s’est cogné, il est blessé, il s’est ouvert il saigne bordel, IL SAIGNE !

J’ai peur. Si je devais disparaître, là, maintenant, il ne se souviendrait pas de moi. Il ne se souviendrait pas de toutes ces, déjà, nombreuses fois où je l’ai veillé, où je lui ai tenu la main, où j’ai aussi appris à la lâcher. Cette pensée me retient quelques fois, jamais longtemps mais suffisamment que pour me rappeler d’apprécier chaque instant qui m’est donné, du plus doux au plus amer. 

J’ai peur. Le temps est un voleur déguisé en sage. Il faut profiter de chaque instant me dit-il, en emportant avec lui mes précieux moments. Alors pour quelques mois j’ai décidé de le suivre à la trace, de devenir son ombre. Le voleur devient otage. Je prends du temps pour moi, pour ma famille, pour mes projets. Je ne me sens toujours pas coupable, mais j’ai peur de me planter.

Mon fils, j’ignore si un jour tu liras ces mots, j’ignore si un jour tu en comprendras les maux mais j’espère que tu sais que je fais mon maximum pour que mes craintes ne soient pas les tiennes.
Tu t’affirmes, ta personnalité se dessine. Certain.es appellent cela le terrible two. Personnellement ton papa et moi on s’en fout. Ce n’est pas notre genre de poser des étiquettes, tout ce qu’on voit c’est notre petit – plus si petit – garçon gagner en confiance, en autonomie…et en impertinence. Je mentirai si je disais que ça ne me faisait pas sourire.
Tes pleurs entaillent mon cœur, tes colères font trembler les arbres et tes fous rires sont si intenses qu’ils doivent résonner dans l’univers.

Mon amour, aujourd’hui tu as deux ans et nous aussi en tant que parents et je veux avant tout te dire merci. J’ai plus appris en deux ans qu’en dix. Tu m’as appris la patience, le courage, la résilience. Tu m’as fait faire des choses dont je me pensais incapable. Tu m’as appris l’adaptation pour m’obliger à faire mienne toute zone d’inconfort. Tu m’as enseigné la priorité et le respect, de moi en particulier. Tu m’as appris que ce n’était pas grave d’avoir peur, et plus encore comment les affronter.

À nos parties de cache-cache, aux pommes que tu dévores, aux animaux que tu adores, à cet espace où naissent tes cheveux dans le creux de ton cou qui est mon endroit préféré du monde entier, au générique de Friends que tu fredonnes, à ta main dans la mienne, à mon amour dans les tiennes…bon anniversaire mon bébé.

2 commentaires

  • Charlotte

    Mais que c’est beau ! Encore bon 2ème anniversaire ! Gros bisous

    • KimberlyEcrit

      Un grand merci !!! ❤️

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