Kimberly Ecrit

humeurs, histoires, et autres bla bla - c'est déjà ça

Le courage du lâche

Il faut que tu lâches prise.

C’est typiquement le genre de conseil qui m’agace. On l’entend, on se le dit mais on n’y arrive pas. Déjà parce qu’on ne sait pas vraiment ce que ça veut dire. Ensuite parce que, et c’est bien connu, les cordonniers sont les plus mal chaussés : on a toujours plus de mal à appliquer à soi-même les conseils qu’on sème à l’envie autour de soi.

Six étapes pour lâcher prise.
Le livre qui reprend la vraie méthode pour lâcher prise.
Cinq minutes suffisent pour lâcher prise.

Moi, je n’ai pas de méthode miracle à vous proposer, et ce qui peut fonctionner chez une personne ne fonctionnera pas forcément chez une autre. D’ailleurs je ne suis pas vraiment un bon exemple. En revanche il y a des éléments communs qui se retrouvent quasi dans toutes les situations où à un moment ou un autre on en arrive à se dire ou à entendre qu’il faut se délester de situations ou de relations.

Control freak

Contrôler, voilà tout l’inverse de lâcher-prise. Contrôler c’est retenir , c’est s’accrocher à ce qui est connu (et peut être rassurant mais pas forcément) mais donc aussi à ce qui est passé.

Lâcher prise c’est s’ouvrir à l’inconnu et envisager l’avenir. C’est avancer.

Alors contrôler quoi exactement? Parce ce que si on y réfléchit bien on se pourrit l’existence pour des situations qui en soi échappent totalement à notre contrôle et qui ne dépendent absolument pas de notre bon vouloir: la météo (elle a tellement bon dos), le caractère des gens, les retards des transports et j’en passe.

Moi-même j’étais un spécimen assez intéressant dans le genre control freak avant d’être maman mais là où d’autres femmes sont devenues plus « obsessionnelles » je me suis débarrassé de bien des tracas parce que je me suis posé la question: que crois-je contrôler et pourquoi? Qu’est-ce que je crains?

Où vous situez-vous et vers où souhaitez-vous aller ?

Immersion de soi

On se sent mal, épuisé, démotivé et on se dit qu’il faut faire quelque chose parce que c’est ce que les gens font justement. Tout dans notre culture est une injonction à faire et non à agir sans parler du caractère stigmatisant de la dépression si on va aussi loin. Alors on dépense le peu d’énergie qui reste pour tenter d’aller mieux mais ce n’est pas toujours un franc succès.

Et si on commençait déjà par se connaître ? Avoir conscience de ce qu’on aime, de ce qui nous fait plaisir mais aussi de ce qui ne nous attire pas ou nous dérange et d’arrêter une bonne fois pour toute de vouloir entrer dans des cases ? Connaître ses limites et les accepter, les accueillir et s’y abandonner au lieu de vouloir constamment les repousser et chercher la performance. À mes yeux abandon et résignation ne signifient pas la même chose. Quand je porte mon enfant dans les bras il s’y abandonne, quand je me blottis dans ceux de mon mari je m’y abandonne. Je lâche prise.

Lire, vous promener, regarder un film, voir des amis, rester seul,…Qu’est-ce qui vous détend, vous intéresse ?

On est tous responsable

Oui, oui et encore oui. Pas responsable au sens de c’est ma faute et je dois assumer mais responsable comme respondere, répondre. Le regard qu’on pose sur une situation, les actes qu’on pose volontairement voilà qui relève entièrement de notre responsabilité.

Ce n’est pas de votre faute si votre amie à encore annulé votre rendez-vous. Ce n’est pas de votre faute si la météo est maussade.
Mais il ne tient qu’à chacun de nous de décider de la manière dont nous allons réagir à ça. S’accrocher, tenter de contrôler et rester dans le passé ou lâcher prise, avancer et considérer qu’il y a un futur et d’autres manières de (ré)agir.

Gardez en tête que les mêmes actions engendrent les mêmes conséquences.

Et prendre son courage à deux mains

Ayant dit tout cela je pensais plutôt bien m’en sortir mais force est de constater que pendant des années j’ai porté, à m’en rendre réellement malade, le poids d’une situation qu’on ne m’a jamais demandé de supporter. Ou comment, comme je le disais, ne pas appliquer mes propres conseils à moi-même.

J’ai récemment trouvé le courage de lâcher-prise et ça n’a pas été aussi mal accueilli que je l’avais toujours imaginé, bien au contraire. Non, tout ne peut pas être parfait car par ailleurs qu’est-ce que la perfection si ce n’est une représentation subjective se heurtant à celle d’autrui. Non, on ne peut pas tout contrôler car d’expérience les évènements qui finalement se produisent sont ceux qu’on n’avait pas imaginé. Et si sur le moment-même et les heures qui ont suivies je ne me suis pas sentie bien, je me sens désormais libérée d’un immense poids.

Pas de méthodes miracles mais ce qui fonctionne pour moi

L’improvisation théâtrale a changé ma vie. Réellement. Si les cours de théâtre au lycée m’ont aidé à vaincre ma timidité c’est mon entrée au cercle d’improvisation théâtrale de l’ULB qui a été libérateur à bien des égards. Cette discipline répond à des règles, à un cadre mais ne pas avoir de scénario, ignorer tout de la réaction des partenaires de jeu, des personnages que j’allais rencontrer ou de l’univers dans lequel j’allais me retrouver était aussi effrayant qu’excitant. Aujourd’hui je ne joutes plus même si la scène me fait de l’oeil mais j’ai toujours plaisir à assister à un spectacle d’impro. Je n’en garde que des bons souvenirs.

Le sport, évidemment. Je ne conçois pas ma vie sans sport. J’ai pu dépasser mais surtout respecter mes limites car c’est en pratiquant différents sports que je les ai découvertes et que j’ai vraiment réalisé que mes limites diffèrent d’un sport à l’autre. Me mettre sérieusement au yoga est une de mes meilleurs décisions. Il y a tellement de styles différents mais j’ai trouvé ce qui me plaisait le plus et je m’offre ainsi un véritable moment de détente même dans une pratique dynamique.

Écrire plus que lire. J’exprime sur papier ce que je ne parviens pas toujours à dévoiler à voix haute. Je dépose en mots ma rage, ma tristesse ou mon intense bonheur. Car même lorsque l’inspiration me manque j’écris alors à ce sujet.

Enfin être immobile. Et je ne parle pas de méditation. J’aime m’asseoir ou m’allonger et observer ce qui m’entoure et je découvre ainsi des détails dans les murs, sur le plafond, tiens il est là ce livre que je cherche depuis un moment, ah oui je me souviens du jour où on a pris cette photo, écouter ma respiration, sentir si j’ai des tensions dans la nuque, les bras…ça peut paraître idiot mais ça me fait beaucoup de bien car je sais aussi que c’est efficace pour moi.

Et si malgré tout vous n’y parvenez pas, lâcher le lâcher-prise lui-même et faites vous confiance. Vous savez déjà probablement ce que vous voulez et ne voulez plus.

2 commentaires

  • Charlotte

    Merci Kim, ton texte m’a beaucoup touchée car je m’y retrouve (quelle belle nombriliste que je fais) j’ai énormément de mal et beaucoup de culpabilité et un sentiment d’échec terrible de ne pas arriver à prendre du recul, lâcher prise. Chacun de tes mots m’a interpellée. Je te remercie et te demande de continuer d’écrire, tu aides certainement beaucoup de personnes qui lisent sans même le savoir et c’est très généreux de ta part. Cha

    • KimberlyEcrit

      Merci beaucoup pour tes mots qui me vont droit au cœur.
      Lâcher prise est un exercice difficile mais c’est comme pour tout, c’est en pratiquant qu’on s’améliore.
      Xxx

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