Kimberly Ecrit

humeurs, histoires, et autres bla bla - c'est déjà ça

Des mots et du temps

-« Alors, vous avez une place dans une école pour votre enfant? »

-« Non. Enfin euh…comment ça? »

Ça m’a rappelé la pression ressentie durant ma grossesse lors de la recherche d’une crèche (oui ami.e profane, sache qu’apparemment faut gérer ça dès la fin du premier trimestre de grossesse, entre deux nausées et les conseils de tout ces gens qui ont eu un enfant avant toi et qui donc savent mieux que toi car pour l’heure tu n’es qu’un ventre ou une boule d’hormones instable (moi, acerbe? Noooooooon!). Mon enfant n’a pas un an que je dois déjà penser à ça? À ce rythme je vais devoir envisager ses études supérieures quand il n’aura pas six ans en ne sachant même pas ce qui le tentera.

« Le temps! Le temps! Qu’est-ce que le temps? » scande le Chapelier Fou.
« Je n’ai pas l’temps de dire au revoir, je suis en r’tard en r’tard » ajoute le Lapin Blanc.

Le temps, cette obsession. Tantôt il paraît s’étirer inutilement dans nos oeuvres les plus pénibles, tantôt il s’échappe et file à toute vitesse quand on voudrait le retenir. On en toujours trop ou pas assez, on veut l’investir, le rentabiliser et en gagner. Parce que le temps c’est de l’argent.

Tout va si vite mais encore insuffisamment pour certains. Les infos nous parviennent en grande quantité prémâchées, les échéances sont de plus en plus courtes avec des urgences toujours plus urgentes.

Marche ou crève. Keep going n’est-ce pas. Avancer, never give up, le mantra des champions. Et dans la foule de ces champions (de quoi d’ailleurs, du stress, de l’hypertension?) je cherche le bouton pause. Pas stop, pause.

Dans son « Éloge de la lenteur » Carl Honoré souligne les bénéfices que nous retirerions à lever le pied mais porte également un regard réaliste sur les contraintes de notre époque et comment intégrer dans son quotidien, chacun à son échelle, de la place pour la lenteur et en apprécier la beauté.

Je rêve alors à des journées sans me soucier un seul instant de l’heure, me laissant guider par le flot naturel du temps, et je manque de rater mon arrêt. Sur le chemin vers la maison, j’ai vu ces mots « vite, dépêche-toi de ralentir! » m’attendre sur le trottoir d’en face alors que je m’apprêtais à traverser la rue. Sans rien pour les garder sinon ma mémoire, la suite m’a accompagnée.

Vite, dépêche-toi de ralentir

Notre seule échéance est commune, c’est mourir

Pose-toi un instant, souffle et respire

Si tu dois être en avance que ce ne soit pas pour ton dernier soupir

2 commentaires

  • Charlotte

    Je me retrouve tellement dans ce récit. Où va le temps ? J’ai revu une photo pas si lointaine sur laquelle je ne me reconnais pas. Ce n’est pas le changement qui est triste mais l’impression de ne pas l’avoir vécu.

    • KimberlyEcrit

      Cette obsession du temps…et lui, est-il aussi tourmenté que nous? Mais heureusement il n’est pas trop tard. Accompagne les, le temps et le changement: car si tu ne peux pas de contrôle dessus, tu n’es pas obligé d’être passive pour autant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

*

©2019 Kimberly | Powered by WordPress and 56k